Centre artistique et culturel en Gascogne gersoise

Histoire

HISTOIRE

Déambuler dans un lieu rempli d'histoire, merveilleux témoignage du passé

Par sa situation entre le Gers et la Baïse, aux limites nord de ce que les géographes sont convenus d’appeler le « pays d’Auch », Lavardens ne peut être plus gascon ou plus gersois.

Lavardens est un castelnau : le village s’est construit autour du château, lui-même édifié sur un rocher. Deux fonctions essentielles – surveillance et sécurité – justifient le choix du site, dont la morphologie a été exploitée au maximum. Établi à l’extrémité occidentale de l’amande que dessine la tête de l’éperon, sur le tranchant même de la corniche rocheuse, le château bénéficie de la défense naturelle la plus forte et du champ visuel le plus vaste.

La première mention d’un château à Lavardens est attestée en 1140 dans le cartulaire noir de la cathédrale Sainte-Marie d’Auch. Le premier châtelain connu fut Géraud de l’Isle Arbéchan, un vassal du Comte de Fezensac. Par succession, le château devint propriété des Comtes d’Armagnac et forteresse royale sous la souveraineté tantôt anglaise, tantôt française. La forteresse fut prise d’assaut et tomba aux mains des troupes de Charles VIII en 1496 qui le détruisirent en partie. Ainsi, le château comtal resta dans cet état pendant cent-vingt-quatre ans.

Représentation des fiançailles de Bonne d’Armagnac avec Charles Ier d’Orléans, neveu de Charles VI, le 18 avril 1410. Les deux fiancés s’échangent les anneaux devant témoins. 

Les Frères de Limbourg (Herman, Paul et Jean), Les Très Riches Heures du duc de Berry, folio IV, verso : avril, entre 1412 et 1416, enluminure sur vélin, 22,5 x 13,6 cm, Musée Condé, Chantilly. 

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En 1585, la seigneurie de Lavardens fut offerte en récompense à Antoine de Roquelaure par la famille d’Albret pour laquelle il s’était mis au service, sa fonction étant la protection du futur roi Henri IV. À partir de 1620, pour l’amour de sa jeune épouse Suzanne de Bassabat, Antoine de Roquelaure entreprit la construction du château actuel sur les fondations médiévales. Il mourut en 1625 et ne vit que le début du chantier. En 1653, la peste chassa les quelques deux-cents ouvriers de Lavardens et le château ne fut jamais achevé. 

En 1752, une arrière-petite fille d’Antoine de Roquelaure vendit l’édifice à Victor de Riquetti, Marquis de Mirabeau qui se ruina en travaux et céda l’ensemble en 1765 à un capitaine des dragons : Laclaverie de Soupex. Une de ses filles, Philippine Catherine et son mari, le Marquis de Pins, acquirent le domaine. Cependant, leurs enfants, voulant se débarrasser de l’édifice, peinèrent à retrouver repreneur en 1850 car le château fut vidé de son mobilier lors de la Révolution française.

Portrait d’Antoine de Roquelaure, Maréchal de France, par Mauzaisse. Le seigneur était borgne d’un œil. 

Antoine de Roquelaure était chargé de protéger le roi. Il s’acquitte de sa tâche à plusieurs reprises, Henri IV subissant maints attentats au cours de son règne. Le dix-huitième attentat lui sera fatal : en 1610, Ravaillac le poignarde dans son carrosse en plein Paris.

HOUSEZ Charles-Gustave, Assassinat d’Henri IV et arrestation de Ravaillac le 14 mai 1610, 1859, huile sur toile, 140 x 118 cm, Musée national et domaine du château de Pau.

En 1852, le Château de Lavardens devint donc la proie des marchands de biens qui le lotirent en copropriété ; douze familles se partagèrent l’ensemble de l’édifice et, faute d’entretien, la toiture s’effondra en 1923. La forêt envahissait déjà l’étage supérieur quand, en 1957, la municipalité décréta la destruction de l’édifice et sa transformation en carrière. Vincent Steux s’opposa à cette décision et changea le destin du Château qui fut classé Monument Historique en 1961. L’encorbellement et la toiture furent alors restaurés de 1970 à 1975.

 

En 1979, Hubert Mothe créa l’Association pour la Sauvegarde du Château afin d’assurer la restauration et l’animation de l’édifice.

Architecture

Un château
classé
monument historique
depuis 1961

Un édifice à explorer

Le château de Lavardens fut reconstruit par Antoine de Roquelaure, sur les ruines du château des Comtes d’Armagnac. Édifiée sur un éperon rocheux, la forteresse des Comtes d’Armagnac bénéficiait d’un champ visuel vaste qui permettait la surveillance et la sécurité. Il ne subsiste que quelques vestiges du château médiéval. C’est à l’extrémité ouest du corps principal du château et à l’opposé dans l’aile sud-est que sont conservés les restes plus importants de la forteresse initiale. En 1620, de Roquelaure s’entoure de deux grands architectes : Pierre Souffron, architecte général du roi, et Pierre Levesville, l’un des architectes de la cathédrale d’Auch. Le château combine de façon unique le goût classique naissant avec la posture féodale maintenue.

Un château qui retiendra votre
attention

D'incroyables salles

La grande galerie mesure 30 mètres de long et 5 mètres de large. La voûte, quant à elle, s’élève à 6,80 mètres de haut. Donnant sur la cour d’honneur grâce à la grande porte en bois, cette galerie d’honneur devait potentiellement servir à accueillir des dignitaires et invités. Comme le veut la coutume de l’époque, la grande galerie ainsi que le reste des pièces de l’étage devaient être destinés à être peints, probablement dans un style Renaissance rejoignant ainsi le style architectural choisi par Antoine de Roquelaure.

Tours en trompe

Les tours ouest, construites au XVIIe siècle, reposent sur les contreforts du château médiéval. Elles s’élèvent en porte à faux sur les encorbellements ou trompes. Les tours sont une vraie prouesse architecturale de l’époque. Elles ne sont que des lieux de passage et permettent de raccorder les galeries entre elles. Sur la façade sud, une galerie en bois reposait sur les corbeaux en pierre.

Corbeaux de pierre

Un exceptionnel belvédère, obtenu grâce à un balcon développé sur trois façades, à l’abondant fenestrage d’immenses croisées et à des tourelles en surplomb. Il a été conçu pour jouir de l’horizon le plus large, c’est l’une des plus belles vues sur la Gascogne. 

Pavements en brique et pierre

Le château, par son aspect imposant, fait peu de concessions au décor mais il possède une belle parure intérieure : un exceptionnel ensemble de pavements du XVIIe siècle. Le château présente dix-sept salles aux pavements différents. Ils se composent de briques roses (terre cuite du pays) et de pierres taillées (calcaire clair du pays). Les motifs, différents dans chacune des salles ont, semble-t-il, une signification. On ne connaît pas d’autre monument avec une telle diversité de pavements. 

Lavardens

Château XVIIe siècle - Restauration - Corbeaux de pierre - Fenêtres Renaissance - Tours en trompe - Pavement - Motifs géométriques - Volumes massifs - Castelnau -